Un séjour au Japon…

Vernissage Tokyo

Lundi 14 octobre
Galerie Do Progetto Uheara Shibuyaku TOKYO.
Les invités arrivent pour le vernissage de mon exposition : une vingtaine d’œuvres dont 4 gravures pour donner le rythme et le contraste, fleurs sauvages et plusieurs peintures de paysage du Mezenc en polyptyques.

L Vernissage Tokyo 2

Au second rang debout à ma droite Miéko TODO, la galeriste. Au premier rang seconde personne en partant de la gauche Mika Todo fille de la galeriste Miéko TODO et au centre avec un chapeau Masanori Todo, mari de la galeriste. Le vernissage s’est poursuivi dans la soirée, de nombreux artistes tokyoïtes sont venus se joindre à nous pour cet « Opening party » très réussie. Le choix des acheteurs dont une grande artiste de l’IKEBANA de Tokyo, madame Yuko Sakurai s’est porté comme l’an dernier sur les peintures de « Fleurs sauvages» du Mezenc,. La célèbre organiste et très sympathique Keiko Inoué nous a fait le plaisir de sa présence à l’exposition.

L Uheara Shinjuku rue

La rue de la Galerie Do Progetto, quartier de Shinjuku à Tokyo à l’approche du premier typhon de mon séjour, le samedi 20 octobre 2013 en début d’après midi. Il s’est abattu le dimanche matin sur la côte proche de Tokyo faisant 72 morts. Des coulées de boue ont emporté des maisons sur les petites îles au large de Tokyo. Le métro a été inondé une demi-journée et le Shinkasen immobilisé plusieurs heures le long de la route du Tokaido, près du mont Fuji..Le temps est très humide, étouffant et très lourd à l’approche des typhons qui montent des tropiques sur l’océan Pacifique.

L Manekeneko chats

Le temple bouddhiste zen du Gotokuji, situé dans un quartier ouest de Tokyo est dédié au Manekeneko, le célèbre Chat porte-bonheur nippon. Des centaines de chats en terre cuite de différentes tailles, faisant un signe affectueux, sont disposés par les fidèles au pied d’une statue antique du Bouddha pour soutenir les vœux de chance destinés à leurs proches.

L Messages votifs érable

Des « messages votifs » sont noués aux feuillages des érables dans le parc du temple Gotokuji. Des plaquettes de bois peintes à l’image du Manekeneko sont aussi porteuses de vœux de chance et de bonheur.

Chaque temple, Shintoïste ou Bouddhiste au Japon dispose de présentoirs pour recueillir les vœux, sous forme papier ou de plaquettes de bois.

Toutes les religions sont représentées au Japon, le protestantisme est très pratiqué et très présent. Les édifices religieux sont le plus souvent implantés autour d’un sanctuaire ancien, par exemple le temple dédié à Nichiren, à Tokyo où tout autour sur la colline se sont installés de nombreuses églises et temples des diverses religions.

Les édifices religieux en bois les plus remarquables et les plus anciens sont les temples bouddhistes, ils accompagnent souvent les palais des anciens empereurs du Japon et constituent la base du patrimoine architectural du Japon. Au décès de l’empereur la capitale se déplaçait sur un autre site, pour cette raison on trouve disséminés dans tout le Japon des temples et palais remarquables. La région du Kanzaï Kyoto, Nara est très riche en sanctuaires anciens. La ville d’Osaka se situe aussi dans cette région. Tokyo se situe dans la région du Kanto

L Torii et tour Dotocom

Au parc Meiji dans le centre de Tokyo, réalisé à la fin du 19ème siècle par l’empereur Meiji. Chacune des Portes du Parc est marquée par la présence d’un Torii, ces portiques de bois implantés pour souligner la puissance de « l’Esprit des lieux ». On en rencontre en d’autres lieux pour souligner la force d’un lieu culturel autant que naturel, comme au bord d’un lac ou sur le parcours d’un chemin de pèlerinage  important. A l’arrière-plan se dresse dans un contraste saisissant de modernité  la Tour Dotocom, qui est la compagnie nipponne des télécommunications.

L Temple Todai-ji Nara

Regard sur la porte d’entrée  du temple Zojoji, dans le centre de Tokyo qui abrite le palais et les tombes de la famille Tokugawa, le pouvoir militaire détenu par les shoguns qui résidait à Edo (l’ancien nom  de Tokyo) et dirigea le pays pendant toute la période d’Edo qui dura 3 siècles et fut la plus fructueuse au plan artistique. Cette période fut celle des grands maîtres de l’estampe, Kuniyoshi, Hokusai et Hiroshige, célèbres pour leurs  « Vues du mont Fuji » et « Stations sur la route du Tokaido », tous maîtres de l’Ukiyoe : Images du Monde flottant. Une des caractéristiques de l’école japonaise consiste à ne pas figurer les ombres portées, ce qui accentue l’impression de flottement …

Le temple englobe l’ensemble des bâtiments traditionnels et le parc qui les entoure, toujours savamment organisé et boisé.

L Zojoji porte style international

La porte principale du temple Zojoji témoigne de l’impact de l’architecture nippone sur le Style International. La Charte d’Athènes et l’école fonctionnaliste lancée par  Le Corbusier au début des années 1930 marquent l’origine de ce mouvement encore très actif. Son influence est à l’origine d’un style d’architecture dépouillé et au décor sobre souvent géométrique, exprimant peut-être pour notre culture méditerranéenne une certaine froideur.

L Petits moulins à vent

Dans le parc du temple Zojoji le long de l’allée qui conduit au cimetière des shoguns Tokugawa de petits personnages de la statuaire bouddhiste, bien couverts de mantilles et de bonnets de laine rouge tricotés à la main par les fidèles, tiennent des petits moulins à vent, sans doute un « moyen habile » pour confier au vent les prières à l’intention des Immortels.

L Triade verte Zojoji

Protégeant l’entrée du cimetière des shoguns Tokugawa une triade de sculptures de pierre volcanique proche de notre roche grise du Mezenc ; verdies par le temps donne beaucoup de solennité à l’endroit.

L Petit magasin Tokyo

Dans les environs du temple Zojoji on trouve des boutiques traditionnelles et de petits restaurants comme celui-ci.

L Restaurant chinois japonais

Avec Masanori mon hôte et mon guide pendant mes séjours au Japon, nous prenons le repas de midi dans ce restaurant chinois de Tokyo. C’est la table type du repas japonais, coréen ou chinois : différents mets servis dans de petites coupes et un « bol de riz », plat de résistance et qui accompagne le repas à l’image de notre « pain » traditionnel. Les plats japonais ne sont pas très épicés mais agrémentés de « pickles » très diversifiés, par exemple des lamelles de gingembre ou de radis noirs conservées au vinaigre. On mange très peu de viande, du bœuf de Kobe à la viande très persillée et fondante, cuite en fines tranches comme du jambon. Le poisson est servi cru et agrémente la plupart des repas. Manger les crevettes ou  poulpe cru, notamment les tentacules avec leurs ventouses, ou celles des sèches exige quelques efforts au départ … pour oublier nos traditions gastronomiques réputées jusqu’en ces lointains pays.

L Métro pour Kamakura

Dimanche 20 octobre, Mika, la fille de Miéko et Akihito son mari, avec leur fils Shyuto  m’invitent à une sortie en famille à Kamakura qui est la ville des Samouraïs située sur la côte à une heure et demi de la périphérie de Tokyo. Pour s’y rendre on utilise plusieurs moyens de transport gérés par différentes compagnies car tout le transport par le rail est privé au Japon. Ici nous sommes dans un des nombreux métros de la ville. Les sièges sont placés tout le long des rames, cette disposition facilite beaucoup la circulation des personnes et leur nombre et pourrait avantageusement être adoptée dans notre métro parisien dont les sièges en travers sont bien incommodes… aux heures de pointe.

L Bouddha Kamakura

Le typhon était à l’approche et la journée a été copieusement arrosée, malgré nos parapluies nous avons été rapidement trempés jusqu’aux genoux. Les autochtones ne se laissaient pas impressionnés par ces déluges d’eau « à ne pas mettre un chien dehors ». Le grand Bouddha de bronze de Kamakura au monastère de Kotoku-in n’était pas indisposé non plus et avait beaucoup de succès. Sa coiffure ressemble beaucoup à celle de la dame de Brassempouy, notre petite figure préhistorique du magdalénien en os de mammouth. Comme toujours on rencontre de grandes différences et des similitudes culturelles. La langue japonaise qui nous est impénétrable est d’origine indo-européenne comme le français. Les idéogrammes nous demeurent inaccessibles et pourtant des mots nous attirent l’oreille ..

L Fillette en kimono à Kamakura

En socs et kimono traditionnels, une fillette a revêtu la tenue pour sa « présentation au temple Shinto ». Cette cérémonie perpétue la tradition ancestrale de la présentation à l’empereur..

L Akihito Shuto et moi

Sur les hauteurs de Kamakura pendant une éclaircie me voici avec Akihito et Shuto… sur les marches du grand temple de couleur rouge traditionnelle. Une jeune femme en tenue arrive pour une cérémonie.

De chaque côté de la Porte d’entrée du temple on remarque les deux sculptures des « gardiens » dans leurs guérites. Toutes les entrées de temple sont ainsi « défendues » par leurs gardiens tutélaires ; il en existe un grand nombre reconnaissables par leur attributs traditionnels : ils sont toujours figés dans des expressions terrifiantes…

L Cérémonie du thé

Dans un petit monastère zen de Kamakura nous partageons la « Cérémonie du thé ». Les feuille de thé macha sont finement broyées ; la mixture non filtrée et servie très chaud est battue jusqu’à s’orner d’une fine mousse très agréable. Ici le thé est accompagné de petits bonbons à base de farine de châtaigne très peu sucrés.

Cette dégustation termine la sortie à Kamakura, retour sur Tokyo pour préparer le voyage à Nara. Masanori n’étant pas libre le lundi 21 je profite de la journée pour circuler dans Tokyo et visiter l’exposition temporaire : l’école de Kuniyoshi, au Musée de l’Ukiyo-e .

Mardi 22 octobre à l’aube, nous empruntons le Shinkansen, le TGV japonais, jusqu’à Kyoto puis un petit train touristique nous conduit à Nara.

Pendant le trajet la voie passe au pied du mont Fuji, mais ni à l’aller ni au retour il n’a voulu se montrer, cette année il est resté drapé dans les brumes de ses 4000 mètres d’altitude.

Tokyo.

L Daims et biches à Nara

Nara, la ville aux animaux en liberté.

Dans l’esprit de la tradition bouddhiste qui veut que le Prince Siddhārtha Gautama, le futur Bouddha, ait donné son premier sermon aux premiers fidèles dans le parc des Gazelles à Sarnath en Inde près de Bénarès, depuis bientôt 300 ans plus de 150 daims et biches circulent en toute  liberté par les rues et les jardins publics de la ville de Nara.

L Les habitués

Les habitués, à la lecture ou en famille, apprécient la sérénité des lieux en toute tranquillité..

L Les Passages à Nara

Plusieurs galeries marchandes dans le style des Passages parisiens ou ceux de Bruxelles font communiquer les 2 rues principales de la ville de Nara.

L Le cuisinier à Nara

Masanori est très amateur de petits restaurants « all people », donc ouverts à tous les budgets et où est servie une cuisine locale traditionnelle. A Nara nous avons rapidement trouvé ce restaurant Okonomiyaki très typique. Le cuisinier prépare les aliments sur d’immenses plaques chauffantes et les tables sont elles-mêmes chauffantes. Les préparations continuent de cuire. Cette cuisine très sympathique, simple et savoureuse est connue sous le nom de » pizza japonais » ; certains plats sont servis sur une galette qui évoque la spécialité italienne.

L La table chauffante

En apéritif on déguste ces délicieux petits haricots. Il faut rapidement faire l’apprentissage de manger avec les baguettes. On est bien récompensé de ses efforts car la cuisine asiatique dégage mieux toutes ses saveurs lorsqu’elle est dégustée avec les baguettes de bois plutôt qu’à la fourchette. La bière japonaise accompagne la plupart des repas, pour ma part je lui préfère le thé vert japonais glacé.

L Voyage scolaire Todai-ji

Le Todai-ji est le plus grand des temples de Nara, y est conservée dans son bâtiment principal la plus grande sculpture en bronze au monde, elle représente bien sûr un Bouddha. Un monastère très actif surplombe le temple, il accueille en permanence de nombreux pèlerins.

Les sorties scolaires, comme ici sous la grande porte d’entrée, sont très fréquentes et participent à la formation des enfants à la tradition qui est un des pivots de la culture japonaise.

L Temple Todai-ji Nara

Bâtiment principal du Todai-ji à Nara.

L L'imposante façade Todai-ji

L’imposante façade du Todai-ji à Nara. On remarque le décor blanc sur le bois gris. Le blanc est la couleur de l’empereur, c’est la seule autorisée, ce qui imprègne au décor une impression très austère.

A l’inverse les Palais des empereurs coréens de Séoul sont ornés de couleurs vives et joyeuses, on dit de la culture coréenne qu’elle est la plus méditerranéenne du continent asiatique… au Japon, au pays des samouraïs,  c’est une impression d’austérité sévère qui prévaut.

L L'ampleur du Todai-ji

L’ampleur des bâtiments massifs de bois du Todai-ji est impressionnante.

L Vue densemble Horyu-ji Nara

La vallée de Nara est un territoire sacré du Japon, les temples Bouddhistes de toutes les obédiences  y on t été édifiés depuis les temps les plus anciens. Les empereurs y ont construit leurs palais. La première impératrice du Japon, à la fin du 7ème siècle y a établi le siège de son pouvoir.

L Gardien du Temple Horyu-ji Nara

Datés de l’an 689 les palais et temples en bois du Horyuji sont les plus vieilles constructions en bois au monde, et sont ornés de magnifiques sculptures. Ces palais ont été épargnés par les incendies et sont encore aujourd’hui accessibles aux visiteurs.

De traditionnels et terrifiants «gardiens » sculptés dans le bois ou en laque en défendent l’entrée.

L Pagode Rebuilding Nara

La plus ancienne pagode des environs de Nara est en « rebuilding », c’est à dire en complète reconstruction. Le résultat de ces reconstructions à l’identique est parfois surprenant pour nous, occidentaux qui admirons l’authentique et l’original autant que le degré esthétique lui-même. Au Japon chaque pièce de bois peut être refaite à l’identique et le résultat de cette parfaite « copie » obtient le même succès et se charge du même respect religieux que l’original. Les bois anciens en vertu de leur caractère sacré sont détruits par le feu à l’occasion d’une grande cérémonie : ils ne sont pas « recyclés » dans des projets immobiliers actuels…

Par bonheur ces reconstructions ne se produisent que lorsque le bâtiment d’origine est prêt à s’écrouler. Ce qui prouvent tout de même un certain attachement à l’original au Pays du Soleil levant.

L Narita pluie

Le 25 octobre 2013, depuis la Salle d’embarquement à l’aéroport de Narita situé au nord de Tokyo, j’observais l »’arrivée d’un nouveau typhon, le 28ème de l’année 2013, heureux de le laisser derrière moi. Peu de temps après, le 8 novembre, le typhon Haiyan s’est abattu sur les Philippines faisant des milliers de morts.

L Monts Stanovoï

Au retour j’ai fait le petit reportage photo depuis l’avion. Au décollage depuis l’aéroport de Narita à Tokyo l’avion part vers le sud au-dessus de l’océan Pacifique puis un grand virage nous porte en direction du grand Nord. Très rapidement on survole la Sibérie.

Aux environs de Iakoutsk on survole les monts Stanovoï qui prolongent l’Altaï vers l’Est. Puis on monte en direction du Grand Nord et on longe l’Océan Arctique.

L Côte Océan glacial

Le survol de la côte de l’Océan glacial arctique dure plusieurs heures. On aperçoit les fleuves qui dessinent des formes tentaculaires. L’enneigement est bien présent sur ces immensités gelées et couvertes d’enchevêtrements glaciaires. L’eau de mer commençait à geler fin octobre sur les « plages » ; on voit le bourrelet blanc qui se constitue par blocs. Moscou est très à l’ouest de ce pays immense.

L Sous l'aile de l'avion

A la verticale de Copenhague la mer de nuages sous l’aile de l’avion, à près de 10000 mètres d’altitude et par – 70 ° C. Encore quelques heures pour ce vol Tokyo-Paris qui va à contre-courant du « jet stream » de haute altitude et dure 12 heures 45, c’est une heure de plus que le vol Paris-Tokyo.

Sur le chemin de Tokyo

Ce sont les derniers préparatifs, je pars mercredi matin pour le Japon.

Le programme de travail est assez serré. L’avion atterrit jeudi matin à Narita qui est l’aéroport international de Tokyo situé à une soixantaine de kilomètres. Il faut prendre un bus pour s’approcher jusqu’à Shinjiku, qui est la gare routière où mes amis viendront me chercher en voiture et arriver à Shibuya-ku qui est un quartier du centre de Tokyo où se situe la galerie. C’est une ville gigantesque qui compte environ 35 millions d’habitants, ce qui donne une sensation étonnante et très stimulante car les japonais sont très actifs et c’est communicatif. Jeudi après midi nous allons acheter les dernières fournitures pour l’encadrement et commencer dès le soir à encadrer “entre deux plexiglass” mes peintures.

Nous travaillerons à l’encadrement vendredi et samedi, l’accrochage se fera si tout va bien samedi prochain le soir. Il y a plusieurs jours j’ai envoyé par mail une liste de commande et tout sera livré ce mercredi. J’emmène seulement les pinces Aklé et les fixation en triangle à fixer au dos pour l’accrochage. Le vernissage est dimanche prochain à

16 h 30. L’an dernier c’était beaucoup de stress et cette année beaucoup moins parce cela s’est bien passé et Miéko la galeriste m’a beaucoup aidé et son mari Masanori aussi.

Pendant l’exposition je fais des visites dans Tokyo le matin, les musées et les Temples et parcs qui contiennent la plupart un temple shintoïste accompagné d’un temple bouddhiste. C’est bien sûr très beau et très intéressant au plan de l’architecture et de toutes sortes de choses :

pavage des allées, ponts en pierre massive ornementation et végétation, vêtements traditionnels souvent portés dans ces contextes, etc, etc. Les après-midis je suis présent à la galerie pour accueillir les visiteurs.

La galeriste est francophile et beaucoup de ses amis le sont aussi et viennent échanger quelques mots en français ou en anglais et sont un bon public, je suis très bien accueilli. Il faut pratiquer l’anglais, mais comme le plaisir de communiquer est partagé tout se passe bien même si nous ne sommes pas des anglicistes confirmés.

Après l’exposition cette année les amis ont prévu un petit voyage de 3 jours à Nara, une des premières capitales du Japon située près d’Osaka et de Kyoto, au sud-est du pays (de l’ile centrale, le Honshu). Les capitales changeaient de ville au décès de l’empereur, voilà pourquoi il y a eu Nara, Kyoto, Edo qui est l’ancien nom de Tokyo, Tokyo étant l’anagramme de Kyoto… On parle beaucoup de la “Période d’Edo”, la période de grand développement artistique du Japon avec les graveurs d’estampes Hokusai et Hiroshige, Utamaro etc. A Nara on peut contempler des temples qui datent de la fin du 7ème siècle en bois qui ont échappé à tous les incendies jusqu’à nos jours.

Nous partons par le Shinkansen, le TGV japonais dont la voie longe la côte en direction du sud-est en suivant l’antique “Route du Tokkeido”, et ces nombreuses “Stations” rendues célèbres par Hiroshige, ce qui nous fait passer au pied du Mont Fuji. Tout cela est tellement chargé culturellement que ces voyages sont d’une grande intensité de découverte et d’observation.

C’est un programme chargé et je prendrai des photos pour faire un petit reportage comme l’an dernier. J’espère que le temps le permettra car la saison des typhons n’est pas encore terminée au Japon. La nature s’exprime toujours avec beaucoup d’intensité elle aussi.

« Sous l’arbre » Eté 2013

Dès l’automne 2012 j’ai commencé à travailler la Nature morte d’après la composition des Annonciations de la Renaissance : en deux parties qui “discutent ” entre elles, par la couleur, l’espace, les volumes, la verticalité des personnages et donc des objets etc. et surtout en essayant de traduire la joie de l’Annonciation qui est sans doute le plus beau thème de la peinture religieuse et de la peinture classique.

Les paysages ont répondu « sur le motif » à l’approfondissement des possibilités de la perspective, de la lumière et de la couleur et par la sensation vivante de passages, par exemple entre les maisons paysannes du village de Souteyros et par les prés, les collines et les bois environnants.

Ailleurs les petites brumes matinales se déplacent dans les plans intermédiaires de la montagne du Mont Mezenc et du hameau du Cerisier, ou dans le voisinage de Sara vu du Sépoux.

Dans le triptyque « Taupernas, Prés des Bois, La Mindre, Ribe et Barbe », la grande courbe du paysage de montagne, à la manière de Barnett Newman, « déclare l’espace ».

 

Références bibliographiques :
Annonciation, Editions Phaidon Paris Réédition 2004.
L’Annonciation italienne Une histoire de perspective Daniel Arasse, Editions Hazan Paris 1999, Réédition 2010.

MEZENCHON « Sous l’arbre » – 1 exposition 3 lieux

L’exposition sera ouverte au public tous les jours de 15 heures à 19 heures jusqu’au dimanche 11 août.

Invité 2013 des « Lectures sous l’arbre », la seconde partie de l’exposition éclatée sur 3 lieux est ouverte du 15 juillet au 29 août à l’Imprimerie de Cheyne au Chambon sur Lignon et Tout l’été « Sous l’arbre » au Bar des Cévennes, Les Estables.
Entrée libre sur les 3 lieux.

MEZENCHON CHAUDEYROLLES HAUTE-LOIRE
A Chaudeyrolles ou Les Estables par la Croix de Peccata,
suivre le fléchage Mezenchon.

Voyage au Japon

Départ le mercredi 31 octobre de Paris CDG, retour Tokyo Narita mardi 13 novembre 2013. Vol direct pour voyager en permanence avec mes peintures emballées dans un tube de transport.

L’aéroport international de Narita est à une soixantaine de km de Tokyo, bus jusqu’à Shinjuku, puis Masanori Todo me conduit jusqu’à Shibuya dans le centre de Tokyo, où se situe la Galerie Do Progetto. Dès mon arrivée nous achetons les dernières fournitures d’encadrement et samedi soir l’exposition est prête pour l’ouverture.

Exposition Gallery Do Progetto

Miéko Todo galeriste

Vernissage Galerie Do Progetto

 

Pendant l’exposition Masanori, le mari de Miéko, m’a guidé dans Tokyo, dont l’agglomération compte plus de 30 millions d’habitants, pour visiter parcs, temples et musées et découvrir la ville. Présent à la galerie les après-midi j’ai pu me réjouir du succès de « Mezenchon et du mont Mezenc »  au mois de juin en pleine floraison des genêts et des fleurs au début de l’été. La couleur de mes peintures a été très appréciée par nos amis nippons ainsi que le noir et blanc des gravures que j’avais présentées en contre-point.

Vendredi 9 en soirée fin de l’exposition et voyage de 3 jours à Kyoto à la découverte des trésors de l’Ancien Japon. Les grands ensembles architecturaux très visités sont inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Shinkansen gare de Kyoto

 

La voie longe la route traditionnelle du Tokaido et près de Shizuoka elle passe non loin du mont Fuji, volcan en sommeil haut de près de 4000 mètres qui apparaît comme un mirage, comme surgit des gravures d’Hokusaï.

Mont Fuji

 

Je connaissais le Pavillon d’Or par l’œuvre de Mishima et depuis longtemps le Jardin de pierres du Ryoanji me fascinait comme il avait séduit Roland Barthes.

Pavillon d'Or, Kyoto

Jardin de Pierres du Ryoangi, Kyoto

 

Le premier construit en 1394 (et reconstruit après plusieurs incendies) est éblouissant, il est aussi doré à l’intérieur et n’est pas ouvert au public.
Le second brille par l’aridité de son mode d’expression. Vieux de plus de 500 ans, c’est la seule partie qui se visite du monastère zen du Ryoanji.
Comportant de nombreuses constructions souvent très anciennes en bois, les Temples s’étendent sur d’immenses domaines. Victimes d’incendies la plupart ont été reconstruits souvent plusieurs fois, quelques bâtiments subsistent cependant tels qu’à l’origine au début du XVème siècle.

La cloche du Pavillon d'Or

 

Par sa douceur printanière l’automne est une saison privilégiée au Japon et flambe dans l’éclat des érables au  feuillage rouge comme un écho des cerisiers en fleurs au printemps.
Insensibles à la pluie les visiteurs affluent de tout l’archipel vers les grands temples de l’Ancien Japon pour admirer à Kyoto le spectacle de la nature en harmonie avec la culture ancestrale.

Affluence malgré la pluie

Les grands événements de l’existence permettent de revêtir les plus beaux kimonos.

Kimono traditionnel à Kyoto

Ces belles journées d’automne sont aussi propices aux pèlerinages comme ici au temple de Daigo-ji.

Pélerins Daigo-Ji Kyoto

De retour à l’hôtel après une journée de visites menée au pas de course par Masanori, nous prenons les informations à la télévision qui retransmet en direct la final du championnat de Sumo.

Lutteurs de Sumo, Kyoto TV

L’objectif de la lutte, (qui rappelle certains passages de l’Iliade contés par Homère..), consiste à faire sortir l’adversaire du cercle matérialisé au sol ou de lui faire toucher terre le premier. Les stratégies de lutte comportent tout une gestuelle d’intimidation en début de combat et jouent beaucoup sur l’équilibre et le poids des lutteurs dont le champion en titre atteint 202 kilos, puis c’est un déferlement d’énergie. Plusieurs champions sont de nationalité Mongole et un géant italien se distingue aussi parmi les plus grands.

Dans ce pays et cette culture si différents de la nôtre, bien que l’origine commune de nos langues soit indo-européenne, les surprises sont nombreuses et certaines montrent l’attachement de ce pays pour la France et une réelle sympathie pour notre culture. Comme ici à Kyoto dans une boutique de vêtements qui voisine la Cafétéria d’une « grande surface » où nous avons déjeuner.

La Guerre des Boutons, cafétéria Kyoto

Et puis c’est le chemin du retour

Mont Fuji soleil couchant

Tokyo la nuit

Tokyo temple Arajuku

Tokyo m’a enthousiasmé par son dynamisme communicatif et le mont Fuji est encore bien plus beau que je l’imaginais. Mais notre modeste mont Mezenc soutient la comparaison, surtout au mois de juin, avec les prés et les genêts en pleine floraison, lorsqu’il prend sa couleur d’or, il est aussi beau que le Pavillon d’Or à Kyoto.